L'architecture Bioclimatique

Le bioclimatisme est notre maître mot, pour ne pas dire "la fondation" de votre projet. Ce terme renferme la solution pour bien débuter et concevoir un projet cohérent :

- Choisir son terrain,

- Orienter sa maison,

- Optimiser la lumière naturelle,

Économiser l’énergie.

Retour sur ce concept clé : le bioclimatisme.

Le bioclimatisme, une question de bon sens

Il s'agit de concevoir sa maison pour profiter au maximum des phénomènes climatiques naturels. Ainsi, on estime qu'une maison bioclimatique consomme jusqu'à 30 % de chauffage en moins qu'une maison traditionnelle. Le bioclimatisme n'engendre de surcroît aucun surcoût de construction (il peut même parfois s’avéré moins cher). On peut retenir 5 points clés qui caractérisent une maison bioclimatique :  

- Construire une maison compacte (carrée ou rectangle) : ce type de maison, en plus d'être économique à la construction, est plus facile à chauffer.

- Organiser les pièces de sa maison en fonction de la course apparente du soleil : Les pièces de vie au SUD pour plus de luminosité, les pièces moins fréquentées (bureau, salles de bain) au NORD.

- Placer ses menuiseries en conséquence : Minimiser les fenêtres au NORD (pour limiter les pertes thermiques) mais placer de grandes ouvertures au SUD (sud-est, sud, sud-ouest) pour maximiser les apports solaires notamment en hiver.

- Se protéger du soleil d'été : Si les rayons du soleil sont bénéfiques en hiver (chauffage gratuit), il faut éviter les surchauffes estivales (balcon, casquette solaire, arbres à feuilles caduques)

- Maximiser l'isolation et l'étanchéité à l'air : L'énergie captée par l'architecture bioclimatique doit être conservée à l'intérieur de la maison.

Choisir un terrain adapté

Pour réussir votre projet bioclimatique, une bonne orientation de la maison est indispensable. Le terrain qui la recevra ne doit pas être choisi au hasard, bien au contraire, il constitue le critère le plus important de votre projet. De plus, le terrain, en fonction de sa localisation, va très fortement influencer sur la valeur de votre bien. Ce choix est donc tout à fait crucial. Voici 4 conseils pour faire le bon choix et ne jamais rater une bonne opportunité...

La géographie

- La proximité avec votre lieu de travail et les écoles de vos enfants : Ce sont vos principaux trajets quotidiens, ils doivent être réduits le plus possible.

- La proximité avec une grande ville : 30 minutes de route pour aller faire ses courses ? 30 minutes de trajet pour emmener les enfants au basket ? Non merci !

- La proximité avec les pollutions exceptionnelles : Votre terrain est prêt d'une rivière, d'un aéroport, d'une station d'épuration, d'une gare, d'une rocade... ? Réfléchissez avant d'investir ! En cas d'une éventuelle revente, les acheteurs potentiels ne se déplaceront même pas !

- La proximité avec des axes routiers performants : Mieux vaut être bien desservi, c'est également un plus en cas de revente ! Attention cependant aux nuisances sonores…

L'orientation

- Vous devez donc avoir la possibilité de faire des ouvertures au Sud-est, Sud ou Sud-ouest pour pouvoir réaliser une maison bioclimatique. (L'orientation Nord/Sud est préférable à une orientation Est/Ouest.)

- Faites attention aux maisons à proximité et prenez en compte les vis-à-vis.

- Attention aux masques solaires ! Si la maison voisine est sur l'axe sud et fait 3 étages de haut, passez votre chemin. L'ombre portée vous priverait de toute la lumière et du chauffage qu’elle pourrait vous apporter.

La topologie des sols et la viabilisation

Évitez les terrains trop pentus : cela peut imposer un vide sanitaire ou un sous-sol et des frais de terrassement plus importants.

- Le terrains trop en contrebas peuvent être privés de soleil pendant une bonne partie de la journée.

Des terrains trop en pente peuvent imposer un sous-sol ou un déblaiement plus important et donc des surcoûts. Des terrains trop en contrebas peuvent être privés de - Préférez un terrain déjà viabilisé (raccordé aux réseaux ERDF, Telecom et Eau) il sera forcément moins couteux à aménager.

Prendre son temps

Délimitez précisément sur une carte votre périmètre de recherche. Une chose est sûre, le terrain idéal n'existe pas, vous devrez certainement faire quelques concessions... Prenez donc le temps de peser le pour et le contre, faites-vous une idée précise de la course du soleil, du bruit environnant et de la vie du quartier. Consultez aussi le P.L.U. (plan local d'urbanisme) de votre commune où, le cas échéant le règlement du lotissement, pour connaître les contraintes d'aménagement et les règles de vie collectives.

Choisir et orienter ses menuiseries

Les menuiseries sont 5 fois moins performantes au niveau thermique qu'un mur isolé. Il ne faut donc pas rater leur intégration dans votre projet de construction bioclimatique... Au pire, vous installez des frigos dans votre maison, au mieux, des chauffages gratuits. Quelques astuces ...

Des menuiseries bien orientées

- Il faut en priorité prévoir des ouvertures au SUD, SUD-est ou SUD-ouest.

- Vos fenêtres se comportent comme des chauffages gratuits même en hiver (lorsqu'il y a du soleil). C'est à dire qu'elles apportent plus d'énergie à votre maison qu'elles ne lui en font perdre. Il n'y a donc pas de limites côté sud, à condition d'être protégé du soleil d'été par une casquette solaire.

- A l'OUEST et à l'EST, l'impact est nul. C'est à dire que vos menuiseries perdent autant d'énergie qu'elles en apportent à votre maison. Sur ces orientations, il faut placer les menuiseries avec parcimonie. Attention aux surchauffes côté Ouest, car en été, le soleil rasant du soir pénètre fortement dans votre construction.

- Au NORD, les menuiseries sont déficitaires ! Elles laissent échapper la chaleur de votre construction. Il faut impérativement limiter cette orientation au strict minimum. Il faut d'ailleurs placer vos pièces froides côté nord (garage, cellier, salles de bain)

La surface totale de fenêtres doit être d’environ 20% de la surface habitable. Attention, il s'agit d'une moyenne (le minimum légal est de 16%)... Si vous n'avez pas de vis-à-vis au sud, vitrez votre mur au maximum avec des protections solaires. Au niveau des proportions, on peut garder en tête ces chiffres :

- 50% orientées vers le Sud

- 10% orientées vers le Nord

- 20% orientées vers l'Ouest

- 20% orientées vers l'Est

Des menuiseries au meilleur rapport qualité/prix

Vos menuiseries constituent la solution la plus efficace et la moins coûteuse pour tirer parti de l'énergie solaire. Quelques astuces pour trouver le meilleur compromis : de bonnes performances, mais pour un coût raisonnable. Il existe des menuiseries pour tous les goûts et tous les budgets

- Il existe quatre types de menuiseries classées par prix croissant : PVC, Bois, Aluminium, Mixte Bois/Alu.

- Le meilleur écobilan revient aux menuiseries bois. (Si le bois est géré durablement.)

- Pour les baies vitrées, le meilleur confort est obtenu lorsque les menuiseries montent jusqu'au plafond.

- Ce sont les montants de vos menuiseries qui sont le moins isolants. Dans la mesure du possible, il faut donc réduire le cadre de la fenêtre.

- Les menuiseries battantes sont plus étanches à l'air que les menuiseries coulissantes (et moins chères).

Il est bon de limiter les ouvrants au strict nécessaire pour assurer une bonne ventilation. Toutes les menuiseries ne sont donc pas nécessairement "ouvrables", mais simplement vitrés. Cela permet d’éviter les surcoûts d'une part et les pertes énergétiques d'autre part.

Le double vitrage, un bon compromis performance/prix

Le standard actuel (RT2012) est le double vitrage. Il devrait probablement le rester pendant un moment. Il existe en effet du triple vitrage plus isolant mais il ne devrait pas s'imposer tout de suite. En voici les principales raisons :

- Le triple vitrage, encore peu commun, est beaucoup plus cher. Le rapport prix/performance n'est donc pas avantageux par rapport au double vitrage.

- De plus, même s'ils sont plus isolants, ces triples vitrages laissent moins bien passer la lumière du soleil que les doubles vitrages... (coefficient de transmission lumineuse et facteur solaire g inférieurs)

- Ce type de vitrage est également bien plus lourd que son aîné et suppose des montants plus solides (et donc, plus onéreux).

- Le triple vitrage est donc exclusivement réservé au vitrage situé au nord et encore, il ne constitue pas forcément un optimum économique. Il se rend par contre indispensable pour les maisons passives.

Quelles occultations choisir ?

Les volets roulants électriques représentent la meilleure option : ils sont facilement modulables (réglage de la hauteur de fermeture), sécurisant et d'un prix raisonnable. Pour plus de confort, vous pouvez mettre des interrupteurs programmables. Vos volets s'ouvrent ainsi à l'heure que vous avez choisie. Idéal dans une maison bioclimatique, vous pouvez doser vos apports solaires facilement. 

Se protéger du soleil sans climatisation

Placer de nombreuses menuiseries plein sud, c'est bien, éviter que votre habitation bioclimatique devienne un four, c'est forcément mieux. Surtout si vous avez une maison avec une faible inertie, vous devez impérativement vous protéger du soleil. Quelques pistes pour se passer d'un climatiseur énergivore...

La course du soleil

En hiver, le soleil est bas, plus proche de l'horizontale, vos protections doivent laisser pénétrer le soleil profondément dans la maison.

En été, le soleil est haut et le rayonnement intense, vos protections doivent empêcher le soleil de trop pénétrer dans votre construction, pour limiter la surchauffe.

Les différentes protections solaires

Les protections définitives :

- Le balcon : Bien positionné au sud, il peut faire de l'ombre sur la partie RDC.

- Les avancées de toit : Prolonger légèrement le toit permet d'assurer une ombre à l'étage.

- Les casquettes solaires ou brise-soleils : Il s'agit d'une protection localisée qui n'occupe pas tout un mur de votre construction. Par exemple, une simple protection au-dessus de la baie plein sud du salon.

- Les pergolas : Positionnées sur le terrain, elles assurent un ombrage l'été en plus d'un espace terrasse.

- Notons qu'à l'Est et à l'Ouest, seules les protections verticales (du type volet roulant extérieur) sont efficaces car sur ces orientations, le soleil est rasant. Une protection intérieure (type rideaux) sera peu utile (car la chaleur pénètre quand même dans l'habitat, même si elle se diffuse moins vite).

Les protections temporaires

- La végétation : Plantez des arbres à feuilles caduques près de votre construction apporte une protection solaire efficace. En hiver, l'absence de feuille laisse passer le soleil. En été, les feuilles arrêtent le rayonnement solaire.

- Les volets roulants : Les volets roulants extérieurs permettent de limiter la température intérieure. Cependant, ils ne sont pas une alternative à part entière car perdez clairement en luminosité. Dommage quand on a investi dans de grandes baies vitrées sur un terrain plein sud sans vis-à-vis.

Pour aller plus loin...

MOOD vous propose ces quelques guides rédigés notamment par l'Ademe et qui illustrent le principe du bioclimatisme. Tous ces guides se recoupent, mais ils permettent de se faire une bonne idée d'un projet de construction cohérent.

Guide de l'éco-construction - Guide de l'éco-habitat - Guide construire autrement - Guide de l'acheteur en lotissement

Guide de l'éco-amenagement - Guide des terrains à batir - Guide pour bien construire

Conclusion : le bioclimatisme, un concept clé

Le bioclimatisme est donc à la base de tout bon projet de construction. Avant toute chose, il convient donc de trouver un terrain qui autorise une implantation Sud de la maison. Ensuite, la construction d'une maison compacte et largement ouverte au sud sera très confortable. Elle vous apportera d'une part beaucoup de lumière et sera d'autre part facile à chauffer. Aussi, attention de bien se protéger du soleil pour éviter les surchauffes estivales. Notons au passage qu'une forte inertie thermique est un vrai plus pour le confort d'été. Enfin, le bioclimatisme est un principe gratuit qui permet de construire une maison économe à court terme (coût de construction) et à long terme (coût de fonctionnement).